Pourquoi vouloir aller mieux trop vite empêche de guérir

Dans mon précédent article, je te parlais de ce que j’ai mis en place pour tenir après une rupture. Aujourd’hui, j’ai envie de te parler d’autre chose.

Quand on va mal, on n’a qu’une envie : que ça s’arrête. Que la douleur passe. Vite.

Et quand on ouvre les réseaux sociaux, ça n’aide pas vraiment. On voit des personnes qui “vont mieux”, qui guérissent vite, qui se relèvent en quelques semaines. Des vies lisses, des avant/après bien rangés, des glow-up express.

Alors forcément, on se demande : pourquoi pas moi ?

Dans cet article, j’ai envie de t’expliquer pourquoi vouloir aller mieux trop vite est profondément humain… mais peut parfois, paradoxalement, ralentir la guérison.

Ce que les réseaux sociaux nous montrent (et ce qu’ils ne montrent pas)

Sur les réseaux, on ne voit qu’une partie de la réalité.

Même quand les créateur·ices de contenu cherchent à être plus authentiques, iels choisissent toujours ce qu’iels montrent. Et heureusement : exposer chaque moment de sa vie serait invivable.

Mais en tant que consommateur·ices de ces contenus, on est biaisé·es.

On compare notre réalité, brute et parfois douloureuse, à une vitrine soigneusement choisie.

On se met à envier la vie des autres.

À avoir envie d’être “de l’autre côté du miroir”, là où tout a l’air plus simple, plus fluide, plus rapide. Sauf que cette impression est souvent trompeuse. Ce qu’on ne voit pas, ce sont les difficultés, les doutes, les efforts, le temps que ça prend réellement.

Dans mon domaine, par exemple, j’ai longtemps eu l’impression que tout le monde trouvait des client·es facilement et rapidement. Et en parlant avec certain·es d’entre elleux, je me suis rendu compte que beaucoup avaient aussi mis du temps.

Cette vision biaisée m’a fait douter, me comparer, et parfois me rabaisser, avec même des envies d’abandonner.

La course à la rapidité et au “tout, tout de suite”

Cette envie d’aller vite ne vient pas seulement des réseaux. Elle est aussi profondément ancrée dans notre société.

Une société où tout doit être fait rapidement. Où l’on doit être productif chaque heure de la journée. Où ralentir est souvent perçu comme un échec ou un problème.

Alors quand on va mal, on applique cette même logique : on veut aller mieux le plus vite possible.

Fuir la souffrance : un réflexe profondément humain

Et en même temps, c’est humain. Personne n’a envie de souffrir.

Quand quelque chose fait trop mal, on cherche à fuir. On occupe toutes les minutes de nos journées. On évite les moments de solitude, les moments en tête-à-tête avec soi-même.

Parce que rester seul·e avec soi, c’est risquer de replonger dans le passé. De revivre les souvenirs, les questionnements, les “et si”.

Vouloir aller mieux vite, ce n’est pas une faiblesse. C’est un mécanisme de protection.

Pourquoi aller trop vite peut faire l’inverse

Le problème, c’est que fuir la souffrance ne la fait pas disparaître. Elle ne s’évapore pas en un claquement de doigts (ça serait trop beau, n’est-ce pas ?).

Au contraire.

En ne vivant pas cette souffrance, en ne la traversant pas, elle a tendance à se renforcer. Et plus on la met de côté, plus elle devient difficile à affronter.

On entre alors dans un cercle vicieux : plus on fuit, plus ça pèse sur le mental. Plus on se met la pression pour aller mieux, plus on culpabilise de ne pas y arriver.

Quand le corps finit par parler

À force, ces blessures émotionnelles peuvent aussi finir par se manifester dans le corps. Fatigue persistante, tensions, douleurs, troubles divers…

Quand on continue d’avancer sans s’arrêter, sans écouter ce qui se passe à l’intérieur, le corps prend parfois le relais. Il exprime ce que le mental n’a plus la place — ou plus la capacité — d’accueillir.

Et souvent, ces signaux nous obligent à faire ce que l’on repoussait jusque-là : ralentir.

Ralentir, nager à contre-courant

Ralentir est souvent vu comme nager à contre-courant. Par la société, par l’entourage, et parfois même sur les réseaux — même si, heureusement, cette idée commence doucement à évoluer.

De mon côté, la lenteur ne s’est pas présentée comme un choix évident. Elle s’est imposée à moi. Parce que je n’avais plus l’énergie d’aller vite. Plus la capacité de faire “comme avant”.

Au début, j’ai eu du mal à l’accepter. J’avais l’impression de reculer, de stagner, de ne pas faire assez. Et puis, avec le temps, j’ai compris que ce rythme plus lent était en réalité ce dont j’avais besoin.

Aujourd’hui, je me reconnais comme quelqu’un de lente. Et je l’accepte.

Parce que c’est dans cette lenteur que j’ai commencé à m’écouter, à me respecter, et à avancer différemment.

Et si ralentir était justement la clé ?

Avec le temps, j’ai compris une chose : aller lentement, ralentir, est souvent le moyen le plus efficace pour avancer sur le long terme.

Ralentir n’est pas un échec.

Même si c’est parfois ce qu’on veut nous faire croire, dans une société qui valorise toujours le “plus”, le “mieux”, le “plus vite”.

Ralentir, c’est aussi se donner l’espace pour écouter ce qui se passe en nous. Parce qu’avec le recul, certaines souffrances finissent parfois par porter un message.

Pas dans le sens où il faudrait “remercier” ce qu’on traverse, ni minimiser la douleur. Mais dans le sens où chaque situation, facile ou difficile, peut nous apprendre quelque chose sur nous : nos limites, nos besoins, ce qui n’est plus juste pour nous.

Ralentir, ce n’est pas abandonner. C’est se respecter. C’est prendre soin de sa santé, de son équilibre, de sa paix intérieure.

Un petit mot de la fin 💌

Si aujourd’hui tu as l’impression de ne pas aller assez vite, ou même de ne pas être sur le chemin de la guérison, j’aimerais te dire une chose importante : tu y es, même si tu ne t’en rends pas compte.

La reconstruction ne ressemble pas toujours à ce qu’on imagine. Il n’y a pas forcément de déclic, ni de sensation de progrès évident. Parfois, on avance sans le voir. Parfois, on guérit sans s’en rendre compte.

Tu n’es pas en retard. Tu n’as rien à rattraper. Tu es en chemin, même les jours où tu doutes, où tu pleures encore, où tu ressasses le passé.

Et parfois, ralentir est l’acte le plus courageux que tu puisses poser ❤️‍🩹

Si tu sens que tu n’as pas à traverser ça seul·e, sache que je propose aussi des accompagnements pour avancer en douceur, à ton rythme.

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