Pourquoi ralentir est devenu si difficile ?
Tu termines enfin ta journée, tu t'assois sur ton canapé.
Et là, tu attrapes direct ton téléphone. Ou tu mets une série. Ou un podcast. Ou tu te rappelles soudainement qu'il faut répondre à ce message, lancer une machine ou ranger ce tiroir qui n'avait pourtant rien demandé à personne.
Comme si rester simplement là, sans rien faire, était devenu étrangement inconfortable.
Et si le problème n'était pas un manque de volonté ou un besoin d'être "productif·ve" ?
Et si notre cerveau s'était simplement habitué à fonctionner autrement ?
Notre cerveau adore la stimulation
Notre cerveau est une formidable machine d'adaptation.
Lorsqu'une activité est perçue comme intéressante, nouvelle ou gratifiante, le système de récompense s'active.
Il implique notamment la dopamine, un neurotransmetteur souvent appelé (un peu simplistement) la molécule du plaisir.
En réalité, la dopamine joue surtout un rôle dans :
la motivation ;
l'anticipation d'une récompense ;
l'envie de recommencer un comportement.
Chaque notification, chaque nouvelle vidéo, chaque nouveau message ou nouvelle information constitue une petite nouveauté pour le cerveau.
Et notre cerveau adore les nouveautés.
(ah bon, sans blague)
Il est littéralement programmé pour leur accorder de l'attention.
Nous vivons dans un environnement qui stimule constamment notre cerveau
Pendant la majeure partie de l'histoire humaine, notre cerveau devait gérer quelques interactions sociales, un environnement relativement stable et peu de sollicitations simultanées.
Aujourd'hui, une seule journée peut contenir :
plusieurs dizaines de notifications ;
des centaines d'informations ;
des écrans ;
des réseaux sociaux ;
des vidéos courtes ;
des publicités ;
des conversations ;
des décisions à prendre en permanence.
Notre cerveau n'a pas changé aussi vite que notre environnement.
Il continue pourtant d'essayer de traiter toutes ces informations.
Résultat : il reste souvent dans un état de stimulation quasi permanent.
(et c’est pas ouf, j’te le dis)
À force, le calme peut devenir inconfortable
C'est probablement l'idée la plus importante de cet article.
Quand ton cerveau est habitué à être stimulé en permanence, le calme peut devenir bizarre et parfois même inconfortable.
Certaines personnes décrivent une envie presque automatique de :
prendre leur téléphone ;
allumer la télévision ;
lancer un podcast ;
faire quelque chose.
Pas forcément parce qu'elles en ont envie.
Mais parce que leur cerveau s'est habitué à un certain niveau de stimulation.
Le silence devient alors plus difficile à tolérer. L'ennui aussi.
Ralentir peut faire remonter des pensées qu'on évitait jusque-là
Il existe également une autre explication.
Quand on ralentit, il y a soudainement plus d'espace.
Et parfois, dans cet espace, remontent des inquiétudes, des émotions, des souvenirs, de la tristesse, et des questionnements qu'on n'avait pas vraiment eu le temps d'écouter.
Le cerveau n'évite pas forcément ces émotions consciemment. Mais il peut apprendre que rester occupé aide temporairement à moins les ressentir.
C'est un mécanisme humain extrêmement fréquent, et souvent inconscient.
L'activité est parfois devenue synonyme de valeur
Il existe aussi une dimension culturelle.
Nous vivons dans une société qui valorise énormément la productivité, la performance et le fait d'être occupé·e h24.
Beaucoup de personnes ressentent de la culpabilité lorsqu'elles se reposent.
(oui, moi aussi, et j’y travaille)
Comme si ralentir signifiait perdre son temps, être paresseux·se, et ne pas faire assez.
(c’est assez fou quand on y pense, non ?)
Petit à petit, certaines personnes associent inconsciemment activité = sécurité ou activité = valeur personnelle.
Et dans ce contexte, ralentir peut devenir particulièrement difficile.
La bonne nouvelle : ton cerveau sait aussi réapprendre le calme
La neuroplasticité (la capacité du cerveau à se modifier au cours de la vie) fonctionne dans les deux sens.
Notre cerveau peut s'habituer à la stimulation permanente, mais il peut aussi réapprendre progressivement à apprécier le calme.
Alors pas du jour au lendemain, et généralement pas en passant brutalement de 12 heures d'écrans à une retraite silencieuse dans une forêt finlandaise hein.
Mais petit à petit.
Quelques minutes sans téléphone. Une marche sans podcast. Un repas sans écran.
Quelques moments où le cerveau comprend progressivement qu'il n'y a aucun danger à ralentir.
Un petit mot de la fin 💌
Si tu as du mal à ralentir, il n'y a probablement rien qui cloche chez toi.
On vit simplement dans une société hyper-connectée, où la sur-stimulation est devenue la norme. Et peut-être qu'aujourd'hui, ton système nerveux aurait justement bien besoin de réapprendre à ralentir.
Mais ralentir n'est pas une compétence que tu dois maîtriser parfaitement. Vas-y à ton rythme. Et prends du plaisir à le faire !
Si tu as besoin d’être accompagné·e, je propose des consultations pour t’aider à avancer à ton rythme, grâce à une hygiène de vie douce et sur-mesure.
(go me voir pour papoter tranquille autour d’une tisane 😘)